Le piège du surendettement
La nouvelle tendance du salarié moyen est incontestablement celle d’emprunter de l’argent à la banque. Il a trouvé le moyen de s’offrir des produits de consommation que son salaire ne lui aurait jamais permis. Une offre en matière de crédit à la consommation qui, sans le paraître, agresse les consommateurs.Le marché de la consommation nationale connaît une nouvelle donne. Depuis que l’économie nationale est entrée dans une phase d’embellie financière, l’offre en matière de crédits à la consommation a augmenté. Ainsi, il devient du domaine du possible pour de modestes salariés de remeubler leur maison , de renouveler leur appareillage électroménager, ou encore de s’acheter une   auto. Une offre qui trouve sa demande, selon Abderrahmane Benkhalfa délégué général de l’Association professionnelle des banques et des établissements financiers. Il indique que les crédits à la consommation connaissent de plus en plus de clients. Une opportunité que les banques privées, récemment installées, n’ont pas manqué de saisir. La Banque d’ Algérie  annonce un taux de crédit à la consommation s’élevant à 40 % de l’ensemble des crédits octroyés par les banques. Qui parle de crédits, entend par la même, taux d’intérêts ; un paramètre que les consommateurs, aveuglés par le besoins d’argent, prennent rarement en considération. Selon le délégué général de l’ABEF, les taux d’intérêts ne sont pas réglementés, autrement dit, la concurrence entre les banques en matière de taux d’intérêts est totalement libre. Le  cadre réglementaire des banques algériennes a, selon M. Benkhalfa, évolué durant ces huit dernières années, donnant lieux à un processus de décloisonnement des institutions financières. Se mettant à niveau avec la pratique universelle, les banques qui activent en Algérie sont libres de pratiquer les taux qu’elles désirent. Ainsi, les institutions financières peuvent pratiquer du 8 % pendant que d’autres poussent leurs taux d’intérêts jusqu’à 13 %.  Â
  Cela signifie pour le consommateur une offre d’échelonnement plus intéressante certes mais beaucoup plus coûteuse sur le moyen terme. Selon Abderrahmane Benkhalfa, les banques sont censées se plier à une règle de déontologie, qui les pousse à se conformer à une moyenne de taux d’intérêts à ne pas dépasser. Autre principe que les banques doivent respecter, et notamment les banques privées, est l’obligation de notifier dans les contrats les taux pratiqués à l’effet du crédit. Car si la banque centrale ne protège pas les consommateurs de taux d’intérêts prohibitifs, aucune association des consommateurs n’existe dans notre pays. Nombreux sont les ménages qui, ayant contracté un emprunt pour l’achat d’un véhicule, se retrouvent en difficulté financière, et succombent à la tentation d’un autre endettement, afin de supporter leur consommation quotidienne. Une tentation souvent véhiculée par des campagnes de promotion de banques privées qui agressent les individus en leur offrant la solution facile et rêvée, qui les ferait sortir du pétrin, autrement dit se faire prêter de l’argent.Â
Les citoyens, de plus en plus enclins à l’endettement, ne
sont en aucun lieu, assistés ou conseillés, face à des situations
 de surendettement, les emprunteurs se retrouvent ainsi livrés à eux-mêmes.

Comments (No comments)
What do you think?