Un éclairage statistique sur les situations de pauvreté
Si les Franciliens ont des revenus en moyenne plus élevés que le reste de la population française, la région présente cependant de fortes inégalités de ressources, avec des ménages aisés déclarant des revenus 7,2 fois plus élevés que les plus précaires, contre 5,1 fois en province, selon une étude de l’INSEE et des caisses d’allocations familiales (CAF) d’Ile-de-France.
Les écarts se sont même aggravés de 2000 à 2004, notamment à Paris où ils sont passés de 10,4 à 11, poursuit cette enquête intitulée “Approches de la pauvreté en Ile-de-France”, avec en outre des disparités territoriales très marquées, les revenus les plus bas étant concentrés dans le nord de la petite couronne (avec la Seine-Saint-Denis en tête), l’est de la Seine-et-Marne et la soixantaine de zones urbaines sensibles (ZUS) de la région soit environ 630 000 habitants.
“L’Ile-de-France et la Corse sont les régions métropolitaines où ces dispersions de revenus sont les plus élevés”, indiquent ainsi les auteurs de cette enquête publiée en janvier dernier et disponible sur le site de l’INSEE Ile-de-France (accessible via le site www.insee.fr).
Destinée à mettre en évidence “l’ampleur et les caractéristiques de la pauvreté monétaire en Ile-de-France”, ce travail de synthèse décrit la situation du million de personnes environ qui ont déclaré moins de 5 720 euros par unité de consommation (UC) en 2004, alors que le revenu médian s’élevait à 18 900 euros. D’où un grand nombre de ménages modestes confrontés à des situations très difficiles, avec 30 000 dossiers déposés, en 2005, à la Banque de France auprès de la commission de surendettement des particuliers.
Plus de 505 000 Franciliens étaient par ailleurs titulaires, fin 2005, d’au moins l’un des huit minima sociaux, au premier rang desquels le revenu minimum d’insertion (RMI) concernait près de la moitié de ces allocataires, devant l’allocation aux adultes handicapés (AAH) et l’allocation de solidarité spécifique (ASS).
Plus de 200 000 allocataires du RMI
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Domiciliés à Paris pour un quart d’entre eux et en Seine-Saint-Denis pour un cinquième, le nombre d’allocataires du RMI atteignait ainsi 229 400 personnes en Ile-de-France.
“De manière générale, les prestations versées par les CAF constituent une part importante du revenu des foyers allocataires à bas revenus”, poursuit cette étude, puisqu’elles représentent plus des trois quarts des revenus de 57 % de ces ménages, les minima sociaux étant éventuellement associés à d’autres allocations familiales ou logement.
Les conditions de logement, justement, de ces foyers s’améliorent certes globalement comme pour l’ensemble de la population, mais le taux d’effort des ménages les plus pauvres logés dans le parc locatif privé n’a cessé d’augmenter, pour atteindre 29 % de leurs ressources contre 2 % en moyenne dans le parc social.
Quant aux personnes sans domicile fixe, leur situation est rapidement évoquée dans cette synthèse INSEE-CAF, avec notamment un rappel des résultats de l’enquête menée en janvier 2001 auprès des usagers des centres d’hébergement et des distributions de repas chauds, qui fait encore référence.
De même, la santé et l’accès aux soins des personnes à faible niveau de vie sont abordés à travers les données recensées au cours de l’enquête Santé 2002-2003, qui mettait déjà en exergue un moindre recours aux soins de la part des plus démunis, et ce malgré la couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C). Car si cette dernière atténue les inégalités sociales en termes de consultations médicales, elle “n’efface pas complètement les disparités en termes de port d’appareil dentaire ou de vue”.

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